Divers
Marathon de New-York du 4 au 8 novembre 2010
Tout d'abord une impression générale après 4 jours, une aventure unique, mythique, magique, merveilleuse... et je pourrais encore sortir pleins d'adjectifs qualifiants cette journée.
Je vais commencer ce récit en expliquant rapidement le début qui commence il y a presque 2 ans à 1 mois prêt, de notre inscription auprès de Tourisme Pour Tous à Lausanne. L'idée du marathon de New-York venant de Pascal et celà m'a tout de suite plu et à vouloir que celà se réalise. Mais 2 ans semblait long. Se dire, on a le temps mais les jours, semaines et mois ont finalement passé à une rapidité déconcertante. Dès janvier 2010, j'ai réalisé que le mois de novembre venait gentiment à moi. Je pensais souvent en m'entraînant qu'il me fallait une bonne endurance de fond. Au niveau sport, je suis une assidue, exigeante et ponctuelle. Je ne veux jamais rien lâcher, me donner le 100 %. Ceci est dû à mon caractère, mes doutes, mon manque de confiance dans la vie en général. Ainsi de vouloir faire le maximum était pour moi rassurant. Si je n'avais pas pu finir ce marathon pour une blessure ou autres. Déçue, je l'aurais été énormément, mais j'aurais su que j'avais fait le maximum et que celà n'était pas un manque de préparation de ma part. Donc, des entraînements course à pieds, une quarantaine de km par semaine. Durant l'ouverture de la piscine à Morges, j'ai énormément nagé pas en tant que professionnel, à mon rythme, mais je faisais environ 4 à 6 km durant la semaine. A la maison, ayant donné des cours en fitness et ayant mes connaissances dans ce milieu, je me suis concoctée des cours d'une heure, step, corde à sauter, musculation incluant stretching, gainage et étirements. C'est vrai que des semaines, mon quota en heures d'entraînements explosaient, un peu trop. Je me laissais un jour de repos par semaine et encore pas toujours respecté. Pascal a eu rouspété sur mon trop de sports. Mais de toute manière, je suis ainsi faite. J'ai besoin de sport pour vivre mon quotidien. De nature, à tout cacher à montrer aux autres que tout va toujours bien pour moi, en ayant le sourire facile ben au fait, je cache tout car je déteste ennuyer les autres avec mes problèmes. Mais j'ai aussi mon mal-être, ma tristesse, mes problèmes. Pour certains qui me lisent savent certaines choses qui se sont passées et se passent dans ma vie. Ma plus grande peur, je le dis souvent au quotidien c'est de devoir arrêter le sport pour une raison de santé. Je ne sais si je pourrais le supporter. Ma petite drogue au quotiden, mon élément vital. Je me suis un peu échappée du sujet principal mais c'est moi. Mais je trouvais important d'expliquer ce qui précède afin de mieux me cerner et peut-être me comprendre car pour des non-sportifs, je peux passer pour une incomprise une peu fofolle. Début juillet, celà se précise. Pascal ayant des blessures à répétition décide de prendre un coatch sportif afin qu'il nous élabore personnellement un plan de préparation. Notre choix se fait par l'entremise de Facebook, de Jean-Luc Ridet. Voyant son vécu sportif, celà nous a semblé la bonne personne pour cette préparation. Car il ne faut pas oublier que les 12 semaines avant la course sont très importantes. Nous le rencontrons pour une première fois à Morges afin de se connaître. Il nous a posé des questions afin de mieux nous cibler. Partant aux Diablerets avec ma maman et ma fille quelques jours, j'ai dû faire quelques tests afin que notre coatch puisse m'établir un plan personnalisé selon mes capacités et objectifs personnels. Mi-août, je commence les entraînements que je suis à la lettre. Je me concentre que sur ces bases. J'ai aussi arrêté les entraînements du footing Lausanne. Nous avions commencé début juin et je pensais que celà serait bien pour la préparation du marathon sans savoir à cette date que nous prenions un coatch. Mais comme sur le plan, je dois suivre une certaine allure et pulses. Au footing, nous suivons un entraîneur en groupe donc je ne pouvais pas l'a jouer en solo et d'un coup ralentir ou accélérer selon mes pulses ou allure. Voilà j'ai fait mon choix. Pascal a pris lui la décision d'y aller quelques fois. Mes semaines ont été bien diversifiées par 4 à 5 x running, dont quelques fois des sorties à vélo qui pouvaient être d'une heure à 1h30, vallonnées ou pas. Des séances (seuil, VMA, et des longues sorties). Mes sorties VMA, je les ai faites à Dorigny. Je l'avoue que dès fois pas facile mais comme j'ai une tronche, j'ai toujours été jusqu'au bout et dès la fin super contente et celà est gratifiant, je peux vous le dire. Pour mes longues sorties celà a été jusqu'à 2h40. Je prenais toujours du liquide et un petit truc à manger. Toujours accompagné avec mon compagnon (musique). Celle-ci me donne de l'énergie, un rythme. Depuis ma tendre enfance, adolescence et vie d'adulte, la musique fait grandement partie de mon quotidien. J'ai pu casser les pieds à mes parents durant mon adolescence car je mets la musique à un volume assez fort. Et si j'aime un morceau, je peux le passer en boucles sans m'en lasser. Un petit souvenir, dans mon adolescence, 13-14 ans, j'adorais le groupe Scorpion et je crois que j'ai du fendiller les murs avec le volume et répétition. Je me recentralise, dsl. Je faisais aussi une fois par semaine, une séance de musculation de 1h15-30, incluant gainages, étirements et stretching. Au niveau blessures, durant cette période, peu, des pécadilles qui ne duraient jamais bien longtemps, j'ai été chanceuse. Voilà, fin octobre arrive et j'ai travaillé jusqu'au 29. Nous avons décidé de prendre 2 semaines complètes afin de ne pas trop nous stresser et d'avoir du temps pour quelques achats pour notre voyage. Et une semaine après pour la récupération. J'y suis et je peux vous le dire que je ne regrette pas. Physiquement, tout ok mais mon horloge interne n'est pas encore revenue en mode Suisse.
Le 4 novembre, jour du départ et jour de mes "40 ans" est arrivé. Levé à 4h15, douche et dernier préparatif, piqûre de Liquémine afin de fludifier mon sang. Pour ceux qui ne le savent pas, j'ai une maladie génétique "Facteur V Leiden". Mon sang coagule 4 à 8 x plus qu'une personne normale et le risque thrombo-embolique est augmenté. L'avion bien évidemment n'est pas sans risque. Donc, mon médecin m'ayant prescrit 2 injections, une pour l'aller et l'autre pour le retour. Pascal a dû brutalement et rapidement se remettre dans le coup. La dernière fois, c'était il y a 15 ans, lors de ma deuxième grossesse. Le pauvre ne l'a pas fait avec plaisir mais châpeau, sans douleur. Nous avons pu dire adieu de vive voix à notre fils car c'était l'heure de son départ pour son travail. Notre fille lui ayant dit "au revoir" le soir d'avant. Cédric de mon groupe de course à pieds de St-Prex s'est proposé de venir nous chercher à 5h00. Celà m'a fait grand plaisir. Nous avons gagné du temps et de l'argent également. Arrivés à l'aéroport, nous avons rendez-vous avec "Tourisme Pour Tous". Nous avons même le temps de prendre un petit déjeuner. Nous embarquons. Un couloir me sépare de Pascal pour l'aller et ma compagne d'à côté n'est pas du tout sympathique. Je m'en accommoderais. A 10h00-30, je m'attendais à un petit déjeuner ben non un repas chaud nous est servi. Pour ma part, celà m'a suffit mais en discutant avec d'autres, les quantités étant trop faibles. J'ai trouvé les 9h00 de vol super longs. Je connais les toilettes par coeur. J'ai beaucoup bougé. J'ai vu 2 films, L'apprenti sorcier et Inception. Voilà, nous sommes arrivés à New-York. L'excitation est présente. Un bus nous attend pour tous les marathoniens pour nous amener sur le lieu des retraits des dossards. C'est immense, et le stand Asics est absolument grandiose par sa grandeur et par son choix. J'avais tout prévu ayant vu sur le site offficiel du marathon, quelques articles qui m'intéressaient donc que j'allais faire des dépenses. Et celà s'est confirmé. Nous sommes restés une heure sur place et départ pour notre hôtel Fairfield. Je suis étonnée en bien par la chambre. Nous déballons notre sac reçu tout fier de ce fameux dossard "45 145". Nous profitons de notre soirée pour aller visiter New-York by night. Les passants sont d'une gentillesse. Je ne me rappelais pas de ceci lors de notre voyage de noce, il y a 18 ans. Nous nous dirigeons à Times Square, lumière et monde. On nous propose souvent de nous prendre en photo tous les 2. Nous trouvons un restaurant et fêtons un peu ce voyage et mes 40 ans". Exténués, nous rentrons dormir.
Vendredi matin, nous commençons par un petit déjeuner à l'hôtel qui est copieux. Bien sûr, gourmande que je suis, je goûte ce qui m'est inconnu. Notre matinée, sera shopping, visites. Les kilomètres s'enchâinent dans cette grande ville. L'après-midi, nous avons rendez-vous à l'hôtel Marriot avec Tourisme Pour Tous pour une séance d'informations suivi d'un footing direction Central Park afin de découvrir les derniers kilomètres du marathon. C'est géant de courir à travers ces rues avec des arrêts feu. Les voitures tout comme les passants ne sont pas très respectueux. Donc, c'est en footing léger que nous arrivons sur Central Park. Avant l'arrivée de la course, tous les drapeaux des différents pays y sont plantés. Nous trouvons bien sûr le nôtre et faisons au passage plusieurs photos immortalisant ces moments. Nous rentrons en solo à l'hôtel car Pascal doit me montrer le trajet pour mon retour de l'après marathon. J'ai une trouille de me perdre. Le soir, nous avons rendez-vous avec Daniel et Stéphanie pour aller manger un morceau. Celà me fait grand plaisir de les voir, de pouvoir les connaître, échanger nos impressions. 2 coureurs avec un niveau plus qu'excellent. Ils ont du mérite dans leurs carrières sportives. Nous passons d'excellents moments. C'est l'heure du dodo. Le temps passe à une rapidité, nous avons peu de temps mort. Samedi matin, après notre petit déjeuner, départ pour la course Friendship (course des pays étrangers). Nous avons d'abord rendez-vous à l'hôtel pour notre groupe et direction la gare principale afin de rejoindre d'autres suisses logeant dans d'autres hôtels et direction place de l'Assemblée Générale des Nations Unies pour réunir tous ces pays venus d'ailleurs. Une ambiance festive se dégage de tous. Nous sommes souvent demandés de poser pour d'autres pays, seul ou avec eux. C'est clair, que nous n'avons pas passé inaperçu avec notre déguisement. Après le discours officiel, départ mais en mode footing léger, nous permettant de faire des photos et un peu les foufous. L'arrivée se fait sur la ligne de l'arrivée officielle du marathon, remettant un petit coup de stress et tension. Savoir que le lendemain, nous allions franchir cette ligne après 42.195 kms. L'après-midi, libre. Donc, promenade dans New-York afin de découvrir l'immensité de cette ville. Il y a toujours quelque chose à découvrir. Nous complétons également nos achats et retournons même à l'expo où nous achèterons encore quelques articles. Mais j'ai été sage ce jour-là. Nous avons rendez-vous avec Stéphanie et Daniel pour vivre la Pasta-Party qui se déroule à Central Park. Une grande distance nous sépare. Donc, nous décidons en commun, de prendre un taxi yellow. Ils sont fous comme ils conduisent. Le peu d'espace qu'ils laissent entre les véhicules et comment ils s'engagent dans la circulation. Mais nous y sommes arrivés. Pour moi, la Pasta Party est un bon plat de pâtes avec sauce tomate ou bolognaise. Ben, pas pour eux. C'est sous un énorme chapiteau. L'organisation comme tout ce qui se rapporte à ce marathon est fabuleuse. Les Suisses pourraient en prendre exemple. On arrive. On nous sert sans attente, des lasagnes à la ricotta, (bof), des légumes et du riz avec du poulet, une bière si nous le désirions, un pain, eau et direction la table. Des écrans géants nous montrent des images du marathon 2009. Oups, on se dit "c'est pour demain". Les choses sérieuses arrivent. Nous flânons avec nos compagnons et rentrons à pied à nos hôtels. Je trouve encore assez facilement le sommeil mais je me réveille chaque heure de peur que nous nous réveillons pas pour l'heure programmée 4h15-30. Surtout, qu'il y avait à nouveau une heure de décalage durant la nuit.
Réveillés, nous avons été rapidement chercher ce qu'il nous fallait pour notre petit déjeuner. Nous avons mangé dans la chambre. Je ne voulais pas subir le stress des autres. Départ dans le car à 6h00, pour le lieu du départ à Staten Island (Verrazano Bridge). Nous en avons pour 1 heure, celà bouchonne. Je ne vous dis pas l'état dans lequel je suis. Je cache à tous également à Pascal mes larmes qui arrivent. Je suis nerveuse, j'ai peur. Dans quoi me suis-je lancée? Vais-je y arriver ? Et si oui, dans quelles conditions. Tout me tourne dans ma tête. Je pense aussi à ma famille, ma maman, mes enfants et mon papa et bien sûr à tous mes amis et connaissances qui m'ont suivi et encouragé ces dernières semaines. J'ai peur de les décevoir en sachant bien que c'est pour moi que je cours ce marathon. Je le voulais tellement parfait, que je me suis mise la pression trop haute, par rapport, à ce que c'était. Mais Je voulais que New-York soit parfait. Et je ne vous dis pas depuis le départ en Suisse et les jours précédents le jour "J", mes larmes étaient présentes dans mon quotidien. Elles ne duraient pas, c'était un trop plein de stress mais également d'émotion de pouvoir avoir la chance de vivre ceci. Nous voilà débarqués. Une fois sortis du car, un froid glacial (1 à 2 degrés) avec un vent de 17 km me fait mettre des couches que j'abandonnerais sur place. Tout ce qu'ils récupèrent vont pour les sans abri. Et après quelques minutes de marche, des groupes se font par couleurs selon l'heure de départ. Et trop rapidement, je dois abandonner Pascal qui part à 9h40. Je panique un peu sur l'instant, Catherine toute seule, là. Mais je me prends en main et rattrape un groupe devant. Ouf, certains sont de notre hôtel. Je lie facilement contact et je me revêtis de ma dernière couche, (combinaison de peintre). Je ressemble à un Sumo. La couverture isothermique que Pascal a acheté est top. J'ai froid. Je l'allonge et on s'asseoit avec mes nouvelles connaissances. Au sol, il fait un peu moins froid. Nous pouvons aller nous servir, de petits pains, boissons iso, barre et gels, thé. Tout est prévu, c'est génial. Mais il faut dire que l'attente pour moi est de 3h40. C'est long mais enfin de compte les heures ont vite passées. 9h40 je pense à mon homme qui part, une drôle de sensation me submerge espérant que tout aille au mieux pour lui. Je croise de loin Yannick Noak. Je vais souvent aux toilettes, pour bouger et peur d'avoir besoin sur la course. Il y a des toilettes mais pas envie de m'arrêter pour celà. Il ne faut pas trop regarder dans les cuvettes, faire abstraction est la bonne solution. 10h10 et c'est mon tour. Je dois me diriger vers les corrals de mon numéro de dossard. Je suis seule cette fois-ci. Toujours aussi froid mais j'enlève la combi, training et pull. Et voilà qu'avec toutes mes couches, j'ai froissé mon dossard, j'essaye au mieux d'enlever tous les plis. La, tout va vite. On avance gentiment dans la file et là je vois enfin ce fameux pont Verrazano, celui qui m'a tant fait rêvé ces dernières semaines. L'envie de courir et d'être sur ce pont me démange. Nous voyons les gens qui enlèvent leurs couches. L'hymne américain retentit. Ce n'est pas le mien mais je peux vous dire que les frissons sont arrivés. Je me pose également la question si j'ai pris la bonne décision de ne pas courir avec la musique. Question, que j'avais posée à la séance d'informations. On me l'a déconseillé. Je suis le conseil mais j'ai toujours l'habitude de courir avec une musique avec un tempo assez rapide qui m'aide par moments. Mais bon, le canon retentit et nous commençons à marcher d'abord et accentuons en lenteur le rythme. Je passe sous la ligne de départ et enclenche ma Garmin. Voilà l'entrée du pont, wouah, quelle vue et les sensations sont excellentes. Je suis chanceuse, je suis partie du dessus. Mon stress diminue rapidement. J'ai froid, frigorifiée en me disant, "zut", j'aurais du enlever mes couches après le pont mais trop tard. Il faut bien regarder au sol, car pleins d'habits y sont, ne pas trébucher. Le pont monte un peu mais on ne s'aperçoit pas trop, tellement l'impression est majestueuse. Pleins d'hélicoptères filment depuis le haut. Me voilà à la fin du pont. Je n'ai plus froid et j'ai pris un bon rythme de course. Peut-être, un peu trop rapide mais j'espère ne pas le payer par la suite. Il y a des changements sur le parcours par rapport à la Suisse. Déjà les distances, des 1 Miles = 1,6 km. Et pas de ravitaillements solides sauf au 18 Miles, (gels). Par contre, tous les Miles, ravitaillement (Gatorade, eau) des 2 côtés et sur plusieurs mètres donc aucun souci d'attente. Ayant pris quoi mettre dans une banane, mes petits ravitaillements solides. J'avais coupé en quatre une barre pour avoir des petits bouts, quelques gels. J'ai pris un risque, car je n'avais plus trop l'habitude d'en prendre ces derniers temps. Mais j'ai fait confiance à mon corps. Je n'ai pas l'estomac fragile de nature. Donc je décide de m'arrêter, au début, tous les 2 Miles. Une fois de l'eau et la fois d'après du Gatorade. Il y a 120 orchestres sur le parcours donc comme je cours sans musique, je joue avec le public et orchestre sur tout le parcours. Des tapers de mains, des dizaines, avec leurs lots d'encouragements. Et dès qu'une chanson me plaisait, je bougeais mes bras en hauteur pour prendre le son et l'imprégner en moi. Dès que je vois des caméras, je fais un signe, je joue avec tout ce qui m'entoure, prenant à 100 % tout ce qui est à ma portée. C'était magique de vivre ce marathon ainsi. Celà devait être ainsi et vécu aussi. Les kilomètres ont défilé à une vitesse incroyable. Bien sûr, les quartiers aussi changeaient rapidement. Avec le calme dans le quartier de Juif, très déconcertant, par rapport, à d'autres endroits. Il fallait encore faire attention aux habits abandonnés qui jonchaient le sol. Plusieurs endroits, notre puce était déclenchée pour des temps intermédiaires de passage. Et j'ai appris sur ma longue attente par une suédoise, que ses enfants pourraient l'a suivre tout le long du parcours avec ce procédé. J'ai trouvé celà génial et chaque fois que je passais à un passage, je me disais un de plus, tu avances. Et sans le savoir, je l'ai su dès mon arrivée grâce à ma belle-soeur qui a été plus que merveilleuse que certains ont pu me suivre sur mon parcours. Heureusement, que je ne l'ai pas su. J'aurais stressé. Par moments, je pensais à tout mon petit monde. Et est-ce un hasard ? Mais je me sentais avoir des ailes. Arrivée au semi tout est nickel, je me sens bien 1h58, trop rapide par rapport à mes objectifs qui étaient 2h11-13. J'ai pensé, oups, fais attention, de ne pas t'épuiser. Je me suis forcée à ralentir un peu la cadence. New-York n'est pas plat. 300 mètres de dénivelés en positif. Mais c'est gérable, en tout cas, pour moi. Je suis en dépassement dans les montées, je sens que physiquement tout roule. Maintenant, prochain objectif de voir, vers le 15-16 Miles, Dominique du côté droit avec son drapeau suisse. Je me suis concentrée mais nous nous sommes loupées, zut. Mais celà m'a permis que le temps passe vite. A partir de 30 kilomètres, les gels ont été mon aide. Je voyais au loin les ravitaillements, je sortais mon gel, je le buvais et je prenais juste un verre d'eau et repartais. Une fatigue s'est installée vers les 35 kilomètres mais tout à fait gérable. Au niveau des jambes et non des mollets comme à Genève. Mais celà ne m'a pas empêché de continuer d'avancer. Mon allure a un peu diminué mais pas énormément. Je pensais que Pascal avait fini son marathon. Beaucoup de gens à partir du 30 kilomètres marchent. Pour ma part, je me suis jamais arrêtée, sauf pour prendre un verre d'eau ou autres. Voilà, Central Park arrive mais encore bien du chemin et avec son lot de petites montées juste pour embêter. Mais là, une pêche de fin vient en moi. Je me dis tu vas y arriver, finalement. Donc, tu donnes tout ce qu'il te reste. Et j'augmente ma cadence pour le dernier kilomètre. Mes muscles le ressentent Mais tant pis, tu récupéreras à la fin. Et dire que Pascal ce qui n'était pas prévu était là à me filmer. Je ne l'ai pas entendu. Bruits de gens et trop concentrée visant que la ligne d'arrivée. Je réussis même à accélérer sur les derniers mètres. J'arrête ma Garmin et je vois 4h15 et 18 s. Je n'en reviens pas. Je suis plus qu'heureuse. Mes objectifs sont plus que largement atteints. Mais je regarde de suite mon I Phone pour avoir des news de Pascal et je lis mal et je pense qu'il a abandonné. Je n'ai pas le temps de savourer ma réussite, je pleure à chaudes larmes pour lui. Je n'arrive pas à le joindre, sms ne passent pas ni par appel. Et là, je suis la cadence en marchant, récupérant, sac de boissons et nourritures que je n'arrive pas à ouvrir et dont un bénévole me le fait si gentiment. Remise de la médaille, de la couverture isothermique. Nous devons continuer à avancer encore 10 mn afin de récupérer dans les camions mes affaires de rechange. D'un coup, des douleurs dans la cage thoracique qui ne sont pas très agréables et durent quelques minutes. J'arrive enfin à atteindre Pascal qui a bien fini son marathon en 3h39, joli pour lui. Il a décidé de m'attendre et je dois le retrouver à un certain endroit mais bien loin d'où je suis. Je mets des habits chauds et je marche récupérant gentiment. Je n'arrive presque pas à avancer tant la foule est compacte. Je rejoins enfin Pascal qui est d'humeur à vite rentrer à l'hôtel, Encore un bon bout pour y arriver. Enfin dans notre chambre d'hôtel. J'ai mal au pieds pensant que j'ai une cloque. Ben non, juste la pression du soulier. Je commence à réaliser que j'ai fini ce marathon et comme je le voulais avec mes plus hautes exigeances. Car Catherine est rarement contente d'elle-même. Celà fait du bien de se dire Ok, tu as réussi ton challenge en le gérant comme tu le voulais et sans problèmes majeurs. Nous nous douchons et direction l'apéro organisé par Tourisme Pour Tous. Stéphanie et Daniel nous y rejoignent avec des temps canons pour tous les 2. Nous nous lâchons bien, et c'est à coup de bière, champagne, cocktail et petits amuses-gueule que nous nous détendons et échangeons nos aventures. Nous continuons à 4 notre victoire dans un petit resto italien dont nos 2 champions connaissent bien. On se croirait chez nous dans ce lieu. Et ce morceau de viande et frites (succulents). Et bien sûr, une bonne bouteille de vin accompagné d'un tiramisu comme dessert en récompense. Nous avons plus que copieusement mangé. Heureusement, je n'ai pas l'estomac fragile. Mais dès que nous partons, je me sens un peu saoûle. Nous nous séparons de nos invités et rentrons à l'hôtel. Nous n'avons pas tout de suite sommeil. Et pour ma part, j'ai pratiquement pas dormi de la nuit.
Lundi matin arrive, j'ai très mal à la tête et je suis assoiffée, je bois bois mais toujours autant soif. C'est ma fragilité sur marathon, l'hydratation. Pourtant, j'ai bu très souvent et plus en fin mais je perds vite de la sueur et énormément sur toutes les courses même petites. Mes muscles sont douloureux mais je gère. Nous allons déjeuner pour la dernière fois et préparons nos affaires pour le retour. Nous sortons pour passer un peu le temps, achetons le journal Times dont les résultats y sont inscrits pour nous deux. Dernière piqûre qui passe moins bien que la première. Nous profitons de manger un dernier repas pas light et sommes prêts de reprendre le car direction l'aéroport Newark. Nous faisons tous les passages en douanes en groupe et Catherine a le droit à une fouille de sa valise. Et j'ai du me séparer de quelques produits. Un petit salon nous est consacré pour le groupe et des boissons et victuailles sont à notre disposition. Le vol du retour est un peu moins long que l'aller et passe bien plus vite. Déjà de nuit. Et je suis à côté de Pascal. Le décollage est fabuleux car tout est dans la nuit et New-York au dessous de nous qui brille avec toutes ses lumières. Bien sûr, Catherine verse quelques larmes d'émotion de quitter cette ville après tout ce qu'elle a vécu. Des nouveaux films nous sont proposés. Je dors par petits bouts mais peu.
Finalement, nous arrivons à Genève à l'heure prévue et Isabelle, aussi de la course à pieds vient nous chercher et nous ramène devant chez nous. Je l'a remercie également de sa gentillesse. Voilà, nous reprenons le chemin de la routine. Je me suis réjouie de revoir mes adolescents dont nous avions quelques cadeaux à leur offrir. J'avais une grande peur du vide que je pourrais ressentir après ce marathon. Plus d'entraînements structurés et d'objectifs si ce n'est que nos petites courses régionales. Rien n'est encore fait, mais nous serions éventuellement intéressés par la 1ère édition du marathon de Jérusalem le 25 mars 2011. A voir, mais celà donne envie tout de même. Voilà je pense que j'ai pu décrire le plus gros de mon aventure. J'espère de pas vous avoir trop saoûlé. Et merci à vous tous pour ceux qui m'ont lue.... FIN
Catherine
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