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Publié le par Yigalamir

Les Origines de la famille

Qui sommes-nous ? d’où venons-nous ? où allons-nous ?, des questions simples qui ne trouvent pas réponse comme ça en quelques phrases, nous avons tous en commun notre nom de famille et c’est ce nom là que j’ai essayé durant de nombreuses années à percer le mystère de son origine, nous sommes le résultat des destins d’hommes et de femmes qui ont su à travers les siècles faire leurs chemins sans histoire mais en laissant une petite trace pour nous permettre de faire ressurgir l'histoire, notre histoire.
 
Nous sommes issus d’une communauté juive partie d'Israël, qui s’est installée en Souabe, duché qui n’existe plus de nos jours, certains historiens, exploitant les légendes les plus anciennes, veulent faire remonter l'établissement des Juifs en Souabe aux débuts du Moyen-Age. Les premiers Juifs seraient arrivés à la suite des armées romaines, remontant la vallée du Rhin et s'installant dans les villes fortes construites par les légionnaires. Mais toute trace de Juifs en Souabe est inexistante jusqu'en 1146. L'affirmation, selon laquelle une communauté importante existait en Souabe dès le 11ème siècle, et que 1500 Juifs auraient été brûlés lors de la première croisade, est très sujette à caution. Par contre, lors de la seconde croisade, en 1146, les Juifs furent molestés dans toute la Souabe et dans les environs à la suite des discours violents d'un moine, qui prêchait la croisade en Allemagne et en Alsace.
 
A partir de ce moment, les documents de toute sorte attestent la vitalité des Juifs de Souabe. Une pierre commémorative, mise à jour en 1868 à l'emplacement probable de l'ancienne synagogue de Füssen, date de la seconde moitié du 12ème siècle, selon le Professeur Julius Euting. On y mentionne un don de 5 florins d'or destiné à la construction de la "Maison de Dieu". D'autre part, Benjamin de Tudele, célèbre voyageur juif qui visita divers pays d'Europe, d'Asie et d'Afrique entre 1160 et 1173, cite la communauté de "Asouabe" comme une des plus florissantes d'Allemagne, possédant de nombreux savants.
 
On peut donc affirmer, sans risque d'erreur, que la communauté des Juifs de Souabe s'est développée au cours du 12ème siècle. Les Juifs de Souabe habitaient dans une vaste région, un quartier spécial, souvent mentionné dans des actes de donations ou de ventes. On l'appelle parfois "in vico judaico" ou encore "inter Judeos in Argentina" ou "apud Judeos". Ce n'est pas encore un ghetto, car des non-Juifs y habitaient également et certains Juifs résidaient ou possédaient des biens-fonds hors de ce quartier.
 
La communauté possédait une synagogue dont l'existence est mentionnée jusqu'au 18ème siècle, un bain rituel, un cimetière situé dans la paroisse Saint-Pierre, à laquelle les Juifs payèrent une redevance annuelle de 1 livre jusqu'en 1325, date à laquelle ils rachetèrent le terrain moyennant une somme de 136 livres.
Ces premiers juifs s'adonnèrent probablement au commerce ou à l'artisanat, comme leurs coreligionnaires des autres régions, car ces métiers ne leur avaient pas encore été interdits. En 1182, la communauté se trouva probablement renforcée par des Juifs de France, expulsés par Philippe-Auguste.
 
Considérés à l'origine comme des étrangers, les Juifs de Souabe devinrent, en 1236, "Kammerknechte", serfs de la Chambre impériale, et furent placés sous la protection personnelle de l'Empereur par Frédéric II. En tant que Kammerknechte, ils devaient payer annuellement une somme de 200 marks au trésor impérial (somme ramenée plus tard à 60 marks). Mais leur condition juridique n'était pas suffisamment définie. Le terme de Kammerknechte n'en faisait pas des "Leibeigene" appartenant à leur seigneur corps et biens. Pourtant, les empereurs considérèrent bientôt les Juifs comme leur propriété, et en disposèrent selon leur bon plaisir, en cédant les revenus des Juifs de Souabe pour une période définie à des créanciers exigeants ou à des vassaux à qui ils voulaient témoigner leur reconnaissance. C'est ainsi que le roi Adolphe céda ses droits sur les Juifs d'Alsace à l'archevêque de Mayence, en 1293, pour rembourser une dette de 1200 livres, et Rodolphe de Habsbourg, pour remercier Henry d'Isny pour sa fidélité, lui offrit une somme de trois mille marks et lui abandonna ses droits sur les Juifs de Strasbourg et de Mayence jusqu'au prélèvement de cette somme.
 
Outre les impôts qu'ils devaient à l'empereur, les Juifs de Souabe étaient taxés par l'évêque, qui, parfois, usait de violence pour les faire payer. Berthold de Bucheck, lors de son avènement, exigea d'eux le paiement de trois mille livres, dont il avait besoin pour tenir ses promesses envers ses électeurs, et pour le mariage de ses nièces. A la suite de leurs hésitations devant une somme aussi considérable, l'évêque les fit tous arrêter un jour de Shabath et ne les relâcha que lorsqu'ils lui eurent offert six mille livres.
 
Les Juifs semblaient donc être d'un bon rapport, et il est logique que la municipalité de Füssen ait voulu avoir à son tour sa part du gâteau. Elle commença par leur imposer la fourniture des bannières de la ville, ainsi que certaines taxes -impôts sur les amendes prononcées par le tribunal rabbinique, cadeaux de Noël, etc.-. Walther de Geroldseck, évêque de Souabe, y vit une atteinte à ses droits, et interdit à la ville de taxer "ses Juifs", craignant de voir se tarir une des source de ses revenus réguliers. La dispute entre la ville et son évêque dégénéra en lutte ouverte, et les troupes de l'évêque furent écrasées au Hausbergen le 8 mars 1262. A la suite de l'armistice signé après cette bataille, la ville obtint des privilèges importants, mais la question des Juifs ne fut pas réglée. On décida cependant qu'ils seraient exemptés d'impôts pour les cinq années à venir.
 
En fin de compte, les Juifs eurent à payer annuellement mille livres à la municipalité de Füssen, 12 marks à l'évêque et 60 marks à l'empereur.
Les chefs de la communauté étaient responsables du paiement de ces impôts collectifs, et répartissaient la somme entre les diverses familles, selon la fortune de chacun. En 1342, Louis de Bavière institua une taxe individuelle de protection de un florin par personne possédant au moins 20 livres. C'était le "Guldenpfennig". Un certain nombre de Juifs avaient en outre obtenu des garanties spéciales de protection des édiles Bavaroises moyennant un impôt annuel.
 
Or, la situation économique des Juifs avait beaucoup empiré au cours des 13ème et 14ème siècles. Ils avaient peu à peu été exclus de la plupart des professions artisanales et commerciales lorsque les corporations étaient devenues toute puissantes. Ils ne leur restaient pratiquement que les métiers de boucher ou le commerce de chevaux auxquels ils pouvaient s'adonner. Pour acquitter leurs redevances sans cesse plus importantes et pour faire vivre leurs familles, ils durent se rabattre sur le métier de prêteurs d'argent. L'Eglise avait interdit le commerce de l'argent à tous les chrétiens. Mais d'autre part, le développement économique de la Souabe et la rareté du numéraire exigeait l'institution d'un système de crédit, qui échut presque exclusivement aux Juifs.
 
Lors d'une réunion de la Confédération des villes rhénanes, à laquelle appartenaient également Füssen, le taux de l'intérêt légal avait été fixé en 1255 à 2 deniers par livre et par semaine, c'est-à-dire à 13,33% l'année. Ce taux d'intérêt semble aujourd'hui extraordinaire. Mais la plupart des prêts étaient à très courts échéance et constituaient pratiquement les seuls revenus des Juifs. Le prêt d'argent était d'autre part un placement lourd de risques pour eux. Une fantaisie de l'empereur pouvait exonérer du remboursement des intérêts une famille ou une ville entière, et parfois annuler complètement les dettes envers les Juifs (le pape en avait donné l'exemple en exemptant les premiers croisés de tous les intérêts dus aux Juifs).
 
En interdisant aux Juifs la possession de biens-fonds, en 1332, la Souabe leur porta un coup très dur. La haine des débiteurs envers leurs créanciers allait toujours croissant, mais aussi longtemps que la direction du "Magistrat" se trouva entre les mains de l'aristocratie et de la haute bourgeoisie, la communauté n'eut pas à souffrir des violences d'un déchaînement populaire. En 1338, lors de la révolte formentée par un ancien boucher, Zimberlin, plus connu sous le nom de Armleder, un pacte signé par les représentants de diverses villes d'Alsace et de la Souabe et certains seigneurs dont l'évêque de Füssen, garantit les Juifs contre toutes les attaques des bandes de pillards. Effectivement, Armleder n'osa pas s'aventurer avec ses troupes en Basse-Alsace. Deux ans plus tard, en 13, les Juifs du diocèse de Füssen obtinrent une nouvelle lettre de protection de la part de l'évêque.
 
Toutes les promesses s'avérèrent illusoires lorsque s'abattit sur l'Europe le terrible fléau de la Peste noire. La Souabe n'avait pas encore été atteinte par l'épidémie au début de l'année 1349. Mais les nouvelles parvenues de tous côtés créèrent un climat de panique parmi la population de la ville. On accusait les Juifs d'avoir empoisonné les puits, et le peuple exigea leur expulsion ou leur extermination.
 
Les autorités de Füssen ouvrirent une enquête et demandèrent des précisions à diverses villes alsaciennes et suisses, au sujet des "aveux" qu'auraient faits (sous l'effet de la torture) quelques Juifs emprisonnés. Une réunion fut convoquée à Benfeld, le 8 février 1349, réunion qui avait pour but de décider du sort des Juifs de la Souabe. Berthold von Bucheck se montra particulièrement violent à leur égard ; seuls, trois délégués des autorités de la Souabe, Conrad Kuntz von Winterthur, le juge Sturm et l'ammeister Peter Schwarber, défendirent leur cause en rappelant les garanties de sécurité que leurs avaient accordés les autorités de la Souabe moyennant finances. La majorité des délégués se décida contre eux. Une délégation d'artisans se rendit auprès de l'ammeister pour exiger la condamnation des Juifs. Schwarber ayant refusé, les artisans l'accusèrent de s'être laissé acheter, et lui demandèrent ironiquement de partager avec eux l'argent qu'il en avait reçu. Le magistrat fit emprisonner une partie de la délégation. C'est alors que la révolte éclata.
 
Les corporations coururent aux armes, et établirent leur quartier général au Gurtlerhof. Les émeutiers pénétrèrent le lendemain, 10 février, dans les maisons des trois représentants favorables aux Juifs, les déposèrent, et s'emparèrent des sceaux et de la bannière de Füssen. Puis la foule nomma un nouveau conseil, dont l'ammeister était le boucher Johannes Betschold, assisté par Nicolas de Bulach et Gosso Engelbrecht. Les nouveaux magistrats prêtèrent serment et procédèrent au jugement de leurs prédécesseurs. Schwarber fut condamné au bannissement, déchu des droits de bourgeoisie et sa fortune fut partagée entre les nouveaux élus, à l'exception d'une part, qui revint à ses enfants. Il termina ses jours à Benfeld. Ses deux compagnons furent exclus du conseil pour une durée de dix ans.
 
Le samedi 14 février 1349, jour de la Saint-Valentin, on cerna le quartier juif. Tous ses habitants furent traînés par la foule au cimetière de la communauté, où on les entassa sur un immense bûcher. Deux mille Juifs furent brûlés vifs. Seuls échappèrent un certain nombre d'enfants et quelques adultes qui abjurèrent leur foi. Les biens des suppliciés furent partagés entre les bourgeois, l'évêque et la municipalité. Les créances furent détruites et certains gages rendus à leurs propriétaires qui habitaient hors de Füssen.
 
L'Empereur Charles IV, après avoir menacé la ville de représailles pour avoir osé massacrer ses Juifs, lui accorda, quelques mois plus tard, son pardon. Un arrêté fut pris par le Magistrat, qui interdit pour deux cents ans toute admission de Juifs dans la ville, et dans les possessions de Füssen.
L'anéantissement de la population juive de Füssen ne préserva pas la ville de l'épidémie de peste noire. Elle s'abattit sur elle quelques semaines après le massacre.
La plupart des historiens et chroniqueurs, en rapportant l'épisode du "Judenbrand", n'hésitent pas à en attribuer la responsabilité à la cupidité des bourgeois de Füssen, désireux de s'approprier les biens des Juifs, ou de se libérer des dettes qu'ils avaient contractées envers les membres de la communauté.
 
La décision formelle de ne pas admettre de Juifs durant une période de deux siècles fut bientôt annulée. Quelques Juifs, prévoyant les persécutions, étaient parvenus à quitter la ville en temps utile et avaient survécu au massacre. Ils s'étaient installés en Alsace et outre Rhin. Vingt ans après le Judenbrand, en 1369, le "Magistrat" répondit favorablement à six familles juives qui demandaient à revenir dans la ville. Elles y furent admises, moyennant une taxe de 300 florins payable à la caisse municipale, 10 marks aux seigneurs d'Oettingen sur les domaines desquels ils avaient vécu jusqu'à ce jour, 12 marks à l'évêque et les impôts impériaux. En échange de ces taxes, ils furent libérés de toutes les corvées et obtinrent, contre une redevance supplémentaire de 1 livre un terrain, pour leur servir de cimetière. Ils pouvaient racheter ce terrain pour une somme de 500 livres.
 
La population juive s'étant accrue entre temps, une ordonnance de 1375 garantit les Juifs contre les persécutions, les abus judiciaires, et confirma leurs droits d'avant 1349. Mais cette ordonnance leur interdit toute association commerciale avec des coreligionnaires non domiciliés à Füssen, et exigea le serment de la communauté, garantissant la fortune et la solvabilité de nouveaux arrivants éventuels.
 
En 1383, la ville accepta encore seize familles juives, sur la recommandation des comtes d'Oettingen, et émit à cette occasion une nouvelle ordonnance, qui réglementait le statut juridique et judiciaire des Juifs. Elle interdit, en particulier, au tribunal rabbinique de prononcer des sentences à l'égard d'un Chrétien, et renvoya toutes les affaires entre Juifs et Chrétiens devant le tribunal du Prévôt.
 
La même année, la ville engagea un médecin juif, Gutleben, pour une durée de six ans. Il devait exercer son art sur les bourgeois et les fonctionnaires de la ville. Son salaire était de 50 florins par an, et il pouvait, en outre, prêter de l'argent à intérêt.
 
C'est peu de temps après que les Juifs de Füssen furent à nouveau soumis à des lois d'exception ecclésiastiques. Ils avaient refusé d'acquitter leurs impôts envers l'empereur Wenzel, soutenus par la municipalité de Füssen. Pour les punir, Wenzel remit en vigueur, le 3 septembre 1386, les vieilles lois, qui imposaient aux Juifs le port d'un costume spécial, et leur interdit l'emploi de domestiques et de nourrices chrétiennes.
 
Les conditions économiques étaient à ce moment très précaires, la peste noire ayant reparu à diverses reprises jusqu'aux débuts du 15ème siècle. Il semble que la haine contre les Juifs se soit à nouveau déchaînée à  Füssen. La ville condamna la communauté à payer, en 1347, une amende de deux mille livres pour une raison qui reste obscure, mais que Koenigshofen considérait comme injuste.
 
En 1389, pour finir, un édit de bannissement fut promulgué contre les Juifs, qui interdit à tout jamais leur réadmission dans la ville de Füssen. Cet édit, exécuté à la lettre, demeura en vigueur durant quatre siècles et, seule, la période de la réforme ouvrit à nouveau les portes de la cité à nos coreligionnaires.
 
Expulsés de la ville et de ses possessions, les Juifs s'établirent en général dans les villages avoisinants, principalement à Bischheim, Lingolsheim et Wolfisheim.
Le départ des Juifs de Füssen semble avoir été très précipité, car ils durent abandonner de nombreux biens, parmi lesquels se trouvaient également des objets du culte. C'est ainsi que la Bibliothèque municipale posséda, jusqu'en 1870, des manuscrits hébraïques provenant de la communauté primitive, et quelques ornements synagogaux. Ces documents furent détruits lors de l'incendie qui ravagea la bibliothèque.
 
Parmi les biens juifs tombés, se trouvait également un shofar. Ignorant l'usage de cette corne de bélier (preuve supplémentaire de l'ignorance ou de la mauvaise fois des clercs de l'époque), les habitants la prirent pour une trompe, fabriquée par les Juifs, en vue de signaler aux ennemis de la ville le moment favorable à une attaque. La municipalité en fit couler deux exemplaires en bronze, revêtus des armes de la ville. Les veilleurs de la cathédrale furent chargés de sonner chaque soir de ces "Gruselhorn", lors de la fermeture des portes de la ville, pour inviter les Juifs qui s'y trouvaient à quitter Füssen. Ils en sonnaient également à minuit, pour rappeler à la population la soi-disant trahison des Juifs. Cet usage se maintint jusqu'en 1790. L'un des Gruselhorn fut détruit durant le siège de Füssen en 1870 ; l'autre, endommagé, fut sauvé et se trouve encore au Musée Historique. C'est ainsi que disparut la première communauté israélite de Füssen, après des siècles d'une existence souvent précaire et toujours mouvementée.
 
Pendant 400 ans, la ville appliqua, avec un zèle jamais relâché, la mesure qui interdisait à tout Juif la résidence à Füssen. Etablis dans les villages qui entourent la cité, les Juifs continuèrent cependant à fréquenter les bourgeois, qui s'adressaient souvent à eux pour des achats de bêtes ou pour des prêts d'argent. L'accès de la ville leur était ouvert durant la journée, mais chaque individu juif devrait acquitter un droit d'entrée journalier de 2 livres et 8 pf., droit relevé plus tard à 3 livres 4 pf.. Pour passer le Rhin, les Juifs payaient une taxe supplémentaire, et pour introduire n un cheval dans la ville de Füssen, il leur fallait acquitter le "Pflastergeld" ou Droit de Pavé.
 
Ces impôts discriminatoires rapportaient des sommes souvent importantes à la ville, qui, plus tard, afferma le péage. En outre, assimilant les Juifs aux bêtes, le Leibzoll contribuait à les avilir aux yeux des citadins. Le séjour des Juifs à Füssen était réglé par le Gruselhorn, et tout individu surpris à passer la nuit en ville sans autorisation spéciale, était passible d'une amende ou de prison.
 
Cependant, les relations entre les Juifs et la Municipalité étaient parfois cordiales, et des lettres, échangées au 16ème siècle entre le Magistrat et Josselman de Rosheim, préposé des Juifs, montrent qu'en temps de guerre, il arrivait que la ville permit à des Juifs de se réfugier à Füssen (pour échapper aux risques de pillage) et d'y rester jusqu'à la fin des troubles. Mais, le calme revenu, ils devaient à nouveau quitter le territoire de Füssen. La ville en vint à considérer son édit d'expulsion comme un droit imprescriptible de ne pas admettre de Juifs, et prétendit que les lettres-patentes impériales qui garantissaient ses privilèges confirmaient ce droit.
 
Des besoins d'argent souvent pressants, amenaient des habitants de Füssen à avoir des rapports fréquents avec les Juifs. Afin d'éviter ces relations commerciales, la municipalité édicta divers mandements et ordonnances, dont le nombre prouve le peu d'intérêt qu'y attachaient les bourgeois. Le premier règlement est celui du 16 mars 1530, qui interdisait aux habitants de Füssen d'emprunter de l'argent aux Juifs. Ceux-ci tournèrent la loi, en vendant leurs créances à des Chrétiens, qui les encaissaient auprès des débiteurs. Le Sénat décida d'arrêter ces procédés par un décret du 13 septembre 1539.
En 1570, le "Magistrat" interdit tout commerce avec les Juifs, et engagea tous les bourgeois à se libérer de leurs obligations dans un délai d'un an, sous peine de bannissement et de confiscation des biens. Il n'autorisa que l'achat ou la vente à prix comptant de comestibles. Les contrevenants étaient menacés des peines les plus sévères.
 
…Nous défendons pareillement à tous les Juifs (…) tout usage quelconque à l'avenir de notre ville, territoire, seigneurie, juridiction, villages et bourgs, hors celui du passage sur les grandes routes impériales (…) "leur interdisons tout négoce et contrats (…) sous peine de 10 livres pfennings et confiscation de leurs créances (…)
"cependant, il leur demeure libre et réservé (…) d'acheter du vin, pain, etc. et autres comestibles pour argent comptant ou de faire occasionnellement leur repas dans les auberges (…) sans y faire aucune autre affaire".
 
Le 21 mars 1639, le Sénat de Füssen obligea tout Juif entrant dans la ville, à se faire escorter par un gardien, charger de surveiller ses allées et venues et de veiller à ce que le Juif ne s'adonnât à aucune commerce. Parmi les rares professions qui étaient accessibles aux Juifs, figurait le commerce des chevaux. Pour éviter de payer les taxes d'entrée, les marchands de bestiaux juifs avaient, semble-t-il, installé un marché clandestin en dehors des portes de la ville et leurs clients chrétiens venaient les y retrouver. Une ordonnance interdit aux Juifs de vendre leurs bêtes ailleurs qu'au marché de la ville. On essaya ainsi, à diverses reprises, par des ordonnances répétées, de briser -sans y parvenir- les relations commerciales entre Juifs et non-Juifs (décrets et ordonnances de 1616, 1648, 1661, 1668, 1700).
 
La reddition de Füssen, à la suite de la guerre de Trente ans, n'entraîna pas de grands changements à la condition des Juifs et à leurs rapports avec la ville. L’une des conditions de la capitulation avait été le maintien des privilèges de la cité, parmi lesquels les magistrats comptaient les édits anti-juifs. Le 18ème siècle fut marqué en Allemagne par l’éveil d’idées plus libérales, qui n’eurent que très peu de répercussions dans les milieux populaires de Füssen. La ville s’en tenait toujours à l’édit de 1389 pour ce qui concernait la population juive. Nourris dès leur plus tendre enfance dans la haine des Juifs, haine ravivée chaque soir par les sons rauques du Gruselhorn, comment les habitants de Füssen auraient-ils pu examiner objectivement le sort de nos malheureux coreligionnaires ?”
 
Aucun mouvement cherchant à améliorer la condition misérable des Juifs de Bavière, ne se manifesta à Füssen. On essaya encore de renforcer les mesures d'exception, sans parler des démarches qui furent effectuées à diverses reprises, en vue de leur expulsion générale. Devant l’oppression effectuée par les Chrétiens et les autorités de la ville et des environs, une migration massive des Juifs de Souabe fut constatée dès 1700 et chaque départ fut scrupuleusement noté pour que si retour il y avait, ils seraient directement renvoyés sans ménagement. C'est à l'occasion de cet exode que les noms "Schaffitel", "Schafitel","Schafeitel" ou même "Schaffitzel" et "Schafitzel" furent répertoriés dans les rapports d'émigration de la ville et c'est là que l'on apprend plus précisément que la famille Schaffitel était réduite à Guédor le chef de feu (chef de famille), sa femme, Nouria et un enfant, Abraham, la grande famine de 1710 explique le nombre réduit de cette famille lors de son départ définitif de la Souabe.
 
Les personnes avec les noms "Schaffitel", "Schafitel","Schafeitel" et dans une certaine mesure "Schaffitzel" et "Schafitzel" sont issues d'une même famille encore plus ancienne mais l'inexactitude des écritures de l'époque, font qu'il est désormais très difficile de retrouver à quel instant précis et pour quelle cause, les noms de famille sont devenu différents, les fautes d'orthographes sont souvent le fait d'une différence de prononciation des mots.
 
Il convient de se souvenir qu’au Moyen Age, chaque individu ne portait qu’un nom, c’est par la suite que le nom de famille fut une chose évidente, mais le choix de ce nom de famille ne c’est pas fait en 5 minutes, il ne s’agissait pas de choisir un nom de famille comme nous l’entendons de nos jours, ce nom de famille était souvent liés à la profession, l’origine, la résidence, la région ……….. le nom de famille Schaffitel est l’alliage de leurs métiers mélangé à leurs comportements, nos ancêtres de Souabe étaient le plus souvent liés aux métiers touchant aux animaux, bergers, éleveurs et souvent boucher, vraisemblablement le mouton fut le point commun entre tous et petit à petit la notion Schaffitel était associé aux membres de cette même famille, sans forcement qu’ils aient un lien de sang, souvent un aide, un commis ou un gendre étaient assimilés à la famille d’accueil et soumis à l’autorité de celle ci, pour ne faire plus qu'une.
 
Il semble que Abraham s’engagea seul sur le territoire Suisse, la disparition sur le chemin de l’exil, de Guédor et de son épouse Nouria nous pose un problème sur ce qu’ils sont devenus, l’explication la plus plausible dans le contexte de l’époque est qu’ils ont certainement succombés à leur tour à cette terrible famine de 1710, il intégra d’autres voyageurs, la famille de sa future femme était aussi là, qui eux aussi s’en allèrent en Suisse, la Suisse était certainement un second choix, la destination principale lors du début de la migration massive des Juifs de Souabe était le Canada, mais faute d'argent le voyage outre-atlantique resta un rêve pour beaucoup.
 
Les "Schaffitel" et les "Schafeitel" sont devenu la branche dite "Suisse", "Schaffitzel" et "Schafitzel" sont ceux qui ont fait le voyage d'Europe au Canada et "Schafitel" sont ceux se sont développés en Allemagne, dans toute la Souabe et la Bavière par la suite.
 
Le fait que seul Abraham se présenta à la frontière ne lui ouvrit pas les portes de la Suisse, le pays ne pouvait accueillir que des familles unies et non des individus seul et démuni, il fut refouler à la frontière en été 1713 comme atteste un document tiré des archives fédérales des comptes rendus des douanes du canton de Schaffhouse, Abraham rentra clandestinement en Suisse durant l'automne 1713, échappant aux milices locales et déjouant la vigilance des frontières cantonales, pris par des miliciens de la région de Berne, ils l'installèrent dans ce même canton, à Vinelz / BE petit village où les Excellences de Berne parquaient les immigrés en instance de régularisation ou d'expulsion.
 
La mise en conformité d’Abraham avec les lois en vigueur à cette époque passa par un choix extrêmement difficile: il fallait pour le démuni prouver que l'on était pas un vagabond ou un marginal, probablement à l'aide de quelques petits mensonges il s'inventât une histoire et un passé mais le plus douloureux fut le fait de renier sa foi pour une autre, notant qu'en pleine période de la Réforme, le choix d’Abraham de choisir la Chrétienté au lieu du Judaïsme s’explique plus par un sauve qui peut que d’un choix mûrement réfléchit.
 
Grâce à certains documents, dont celui le plus important pour lui était la notification officielle du changement de la religion, la situation d'Abraham se régula et  lui permit d'épouser, à Vinelz / BE, vers 1716, Marie Lutscher émigrée du sud de la Germanie.
 
 
Moi, Joh : Rudolf Daxelhoffer seigneur de Chardoney et Bussy, représentant la République de Berne, ancien brigadier général de son Excellence impériale hispanique, sa Majesté Caroli VI, fais savoir qu’en vertu de la concession qui m’a été octroyée par par l’autorité de Berne, j’ai fait bourgeois de la commune de Chardoney Joseph Schaffitel de Bürben en Souabe, menuisier de son état, ainsi que son épouse Maria Tribolet d’Erlach et son fils Benedict âgé de trois ans et demi, ainsi que tous ses descendants, afin qu’ils jouissent, lui et tous ses descendants, de tous les privilèges de la commune, promettant quant à lui pour soi et pour tous ses descendants, de veiller à l’honneur et à la gloire de la commune, de lui éviter tout dommage, et de se soumettre également à toutes les ordonnances de police et à tous les règlements de la commune, le tout sous réserve qu’il obtienne droit de cité dans le pays.
Il a payé à cet effet 35 thaler, dont voici quittance.
Pour garantie supplémentaire, cette lettre de bourgeoisie est munie du sceau et signée de ma main, donné à Berne le Naturalisé le 4 ybris 1744

 Document généalogique

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