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Publié le par Pascal Schafeitel

 

Une heure de course, c'est comme fumer un joint:
Article du journal LE MATIN du 07.10.2007
Sur la base des recherches publiées dans les revues «Journal of Neurosciences» et «Neuroport», le magazine «Sport et Vie» a fait le calcul: une heure de jogging équivaudrait à un joint de marijuana.
On savait que les joggeurs sécrétaient des endorphines - substance analogue à la morphine - mais voilà que des chercheurs révèlent que les amateurs de footing produisent aussi des substances apparentées au cannabis. Une heure d'entraînement stimule la production interne de ces substances calmantes et procure le même effet qu'un pétard! Tous drogués, les coureurs de fond?
Plus de 6000 personnes inscrites à Morat-Fribourg ce dimanche. Quelque 9000 participants attendus le 21 octobre au Lausanne Marathon. Tous des drogués? La presse spécialisée s'est récemment fait l'écho d'une découverte troublante. «L'exercice active le système endocannabinoïde. Quand nous courons, notre corps entier libère des substances produisant un ressenti comparable à celui du fumeur de joints», affirment des chercheurs américains dans les revues scientifiques Journal of Neurosciences et Neuroport . Le magazine Sport et Vie a fait le calcul: une heure de jogging équivaudrait à un joint de marijuana.
Cette nouvelle risque de renforcer une vieille croyance bien ancrée dans l'esprit du public. En effet, il suffit de s'entraîner trois fois par semaine pour être taxé de drogué. Mais d'où vient cette idée? Eh bien, dès 1974, les scientifiques ont établi que l'organisme soumis à un effort physique sécrète des substances analogues à la morphine (appelées endorphines). De là proviennent les premières accusations de toxicomanie à l'encontre des sportifs, plus particulièrement des coureurs à pied, utilisés comme cobayes pour ces recherches.
Dépendance?
Certes, les preuves d'un lien de cause à effet manquaient, mais la nouvelle a fait le tour du monde. En 2002, l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) a enfoncé le clou en assimilant textuellement la pratique régulière de la course à pied à un risque de «dépendance similaire à celle qui se développe avec les opiacés et autres drogues».
Puis, dès 2004, les chercheurs se sont intéressés aux endocannabinoïdes. Il est maintenant démontré que l'exercice physique stimule la production interne de ces substances calmantes.
En revanche, les scientifiques démentent formellement l'implication des endorphines dans le phénomène de dépendance à la course à pied. Pourquoi? Lors d'un effort, ces substances sont entièrement dévolues à combattre l'apparition de la souffrance: elles empruntent donc ce qu'on appelle le «circuit de la douleur», comme la morphine de synthèse administrée aux patients dans les hôpitaux. La dépendance ne peut pas s'installer puisque la drogue est littéralement «absorbée» par le mal.
En résumé, la course à pied est toujours une addiction. Mais elle a passé du statut de drogue dure à celui de drogue douce...
Les médecins du sport ne sont pas forcément ravis de cette promotion. «C'est un faux problème. En réalité, l'être humain est fait pour marcher une vingtaine de kilomètres par jour. Les gens que notre société considère comme des sportifs sont en fait tout juste suffisamment actifs pour préserver leur capital santé», proteste le Dr Michel Golay, responsable des entraînements collectifs de la Course de l'Escalade, à Genève. Selon lui, une heure de jogging ne doit pas être comparée à un joint de marijuana, mais au fait de se doucher tous les matins ou de se brosser les dents après les repas.

Article du journal
LE MATIN du 07.10.2007
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